Femme prise de vertiges positionnels, la tête entre les mains - Clinique Synergek

Vertiges positionnels : reconnaître le VPPB et le traiter efficacement


Vous vous retournez dans votre lit et, sans avertissement, la chambre se met à tourner. Vous vous penchez pour attacher vos souliers, et le plancher bascule. La sensation dure quelques secondes, parfois moins d'une minute, puis s'estompe - jusqu'au prochain mouvement de tête.

Cette expérience, aussi déstabilisante soit-elle, porte un nom : le vertige positionnel paroxystique bénin (VPPB). Il s'agit de la cause la plus fréquente de vertige chez l'adulte. Bonne nouvelle : ce type de vertige répond très bien à une prise en charge ciblée en physiothérapie.


Ce qui se passe réellement dans votre oreille interne

Votre oreille interne abrite le système vestibulaire, un ensemble de trois canaux semi-circulaires remplis de liquide qui informent votre cerveau de la position et des mouvements de votre tête. À la base de ce système se trouvent deux petites structures, l'utricule et le saccule, tapissées de minuscules cristaux de carbonate de calcium appelés otoconies.

Avec le temps, un traumatisme ou simplement l'âge, certains de ces cristaux peuvent se détacher et migrer là où ils n'ont rien à faire : dans l'un des canaux semi-circulaires - le canal postérieur dans la grande majorité des cas. Chaque fois que vous bougez la tête, ces débris perturbent le liquide du canal et envoient au cerveau un signal de rotation. Cela produit une sensation de vertige rotatoire, souvent accompagnée d'un mouvement involontaire des yeux (le nystagmus).

Plusieurs facteurs augmentent le risque : le vieillissement, un traumatisme crânien même mineur, l'ostéoporose, certaines migraines, la déficience en vitamine D et le fait d'être une femme. La plupart du temps, cela survient sans aucune cause ou élément déclencheur précis.


Reconnaître un vertige positionnel

Le vertige positionnel paroxystique bénin a une signature clinique assez caractéristique :

  • Un vertige rotatoire vrai - l'impression que la pièce tourne, et non un simple étourdissement ou une sensation de tête légère.
  • Déclenché par un changement de position de la tête : se coucher, se relever, se tourner dans le lit, regarder vers le haut, se pencher vers l'avant.
  • De courte durée : généralement moins de 60 secondes par épisode, parfois quelques minutes en incluant les nausées résiduelles.
  • Sans perte auditive ni acouphènes - c'est un élément distinctif important.
  • Sans signes neurologiques : pas de trouble de la parole, de vision double ou de faiblesse d'un côté du corps.

Entre les crises, la plupart des gens se sentent bien, quoiqu'un peu instables ou anxieux à l'idée du prochain épisode. Cette appréhension conduit souvent à limiter ses mouvements, ce qui peut à son tour créer des raideurs cervicales et une baisse de confiance à la marche, deux problèmes qui se traitent, eux aussi.


Le diagnostic repose sur l'examen clinique

Contrairement à ce que plusieurs croient, le VPPB ne se diagnostique pas par imagerie, mais par une évaluation clinique et des tests de provocation positionnels réalisés par un professionnel formé.

Comme les cristaux peuvent se retrouver dans 1 des 6 canaux (3 à gauche et 3 à droite) du système vestibulaire, il est important de bien déterminer la localisation des cristaux. Il vaut donc mieux faire évaluer votre VPPB par un professionnel plutôt que de tenter des manœuvres vues en ligne.


Les manœuvres de repositionnement : le traitement de référence

Le traitement du VPPB consiste à ramener les otoconies là où elles devraient se trouver, par une séquence précise de mouvements de la tête et du tronc.

  • Canal postérieur : la manœuvre d'Epley (repositionnement) ou la manœuvre de Sémont (libératoire).
  • Canal horizontal : les manœuvres de Gufoni ou de Lempert (aussi appelée « barbecue roll »).

Les résultats sont remarquables pour une condition aussi invalidante : les études rapportent des taux de résolution de l'ordre de 90 % après une à trois séances. Environ 30 % des cas se résorbent d'ailleurs spontanément en une semaine, mais rien ne justifie d'attendre lorsqu'un traitement simple et rapide existe.

Un bémol important : ces manœuvres doivent être réalisées par un professionnel de la santé ayant reçu une formation spécifique en rééducation vestibulaire. Mal exécutées, elles peuvent déplacer les cristaux vers un autre canal et compliquer le tableau.


Là où une approche multidisciplinaire fait la différence

Le repositionnement des otoconies règle la cause mécanique. Mais un épisode de vertige laisse rarement le corps intact, et c'est ici qu'une clinique regroupant plusieurs disciplines, comme la Clinique Synergek, offre une valeur ajoutée.

La physiothérapie permet d'identifier le canal en cause et d'appliquer la bonne manœuvre de repositionnement en cas de VPPB. Au besoin, un plan de rééducation de l'équilibre et du système vestibulaire pourrait aussi être mis en place en cas de vertiges ou d'étourdissements d'origine autre qu'un VPPB (ex. des étourdissements d'origine cervicale, dits cervicogéniques, ou des étourdissements posturaux perceptifs persistants – EPPP).

L'ostéopathie et la chiropratique ne traitent pas le VPPB lui-même, mais s'adressent à la composante cervicale qui l'accompagne souvent. Les tensions du rachis cervical peuvent générer un vertige cervicogénique, un tableau différent - étourdissements plus diffus, liés aux mouvements du cou plutôt qu'aux changements de position de la tête. Les données probantes sur la thérapie manuelle pour cette condition sont encourageantes mais encore limitées; elle se conçoit donc en complément, non en remplacement, d'une évaluation vestibulaire.

L'acupuncture est parfois utilisée pour soulager les nausées et l'anxiété associées aux épisodes de vertige. Le niveau de preuve demeure modeste, mais certaines personnes y trouvent un soulagement appréciable des symptômes accompagnateurs.

La kinésiologie et la kinésithérapie prennent le relais une fois les vertiges maîtrisés : renforcement, travail proprioceptif et reprise progressive des activités permettent de réduire le risque de chute et de retrouver confiance en ses déplacements. Un enjeu majeur quand on sait que le taux de récidive du VPPB peut atteindre 50 % sur cinq ans.


Quand consulter sans tarder

Certains signes ne cadrent pas avec un VPPB et justifient une évaluation médicale rapide : maux de tête inhabituels, vision double, troubles de la coordination ou de la parole, faiblesse d'un membre, perte auditive soudaine, ou vertige continu qui ne dépend pas de la position de la tête. Ces manifestations peuvent signaler une atteinte du système nerveux central et doivent être prises au sérieux.

De la même façon, un vertige positionnel qui ne répond pas aux manœuvres après quelques séances mérite d'être réévalué, possiblement en oto-rhino-laryngologie.


En résumé

Le vertige positionnel paroxystique bénin porte bien son nom : bénin, il l'est réellement, mais son impact sur le quotidien ne l'est pas. La bonne nouvelle, c'est qu'il figure parmi les conditions les mieux documentées et les plus rapidement traitables en réadaptation.

Si les changements de position déclenchent chez vous des vertiges brefs et répétitifs qui correspondent au descriptif mentionné plus tôt, une consultation directement en physiothérapie vous permettra d'être traité rapidement et efficacement. Nombreux sont ceux qui consultent en médecine pour être ensuite référés en physiothérapie par le médecin. Vous pouvez donc vous épargner de nombreux délais en consultant directement votre physiothérapeute.


Prenez rendez-vous à la Clinique Synergek

Vous souffrez de vertiges positionnels paroxystiques bénins (VPPB)? Retrouvez votre bien-être grâce à l'expertise de Sylvie Desrosiers, physiothérapeute. Pour une prise en charge rapide, contactez-nous au 514 974-0320 ou prenez rendez-vous en ligne dès aujourd'hui.